Les Collectionneurs sur Art d’Oise

Rencontre avec Emilie Frèche pour son livre « Les collectionneurs » sorti le 21 octobre aux Editions du Moteur. 
Dans cette histoire courte, qu’elle publie chez la maison d’édition « Moteur » qu’elle a créée au début de l’année 2010, la romancière Emilie Frèche brosse un portrait haut en couleur du milieu de l’art contemporain. Chacun a sa place, chacun ses intérêts et chacun son point de vue : le galeriste, le collectionneur, la femme du collectionneur, la famille du collectionneur, l’artiste et les médias évoluent dans le monde fermé, snob et même fou de l’art. L’amour de l’art ? Oui, mais derrière, les personnalités se révèlent, plus ou moins sympathiques, plus ou moins calculatrices, plus ou moins sensibles. Avec talent et légèreté, la plume d’Emilie Frèche décrit un monde fascinant, qui peut accaparer toute une vie, et même la sauver. L’humour côtoie la souffrance, plus profonde, des individus eux-mêmes qui évoluent dans une société en crise où l’argent reste malgré tout » le déclencheur » et « la finalité de toute chose ». Mais une magnifique collection n’est-elle pas le plus bel héritage ?
Un livre qu’on ne peut lâcher avant le dénouement. Génial.
Les romans d’Emilie Frèche:
Chouquette, chez Actes Sud en 2010
24 jours, la vérité sur la mort d’Ilan Halimi, au Seuil en 2009
La mort d’un pote, chez Panama en 2006
Le film de Jacky Cukier, chez Anne Carrière en 2006
Le sourire de l’ange, chez Ramsay en 2004
Une femme normale, chez Ramsay en 2002, Points Seuil n°1490
Les vies denses, chez Ramsay, en 2001

Un Homme Jetable dans le Nouvel Obs

Le 1er prix du roman social décerné à « Un homme jetable », sur les salariés du nucléaire

L’Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) a remis mercredi son premier prix du roman social à « Un homme jetable », un ouvrage d’une jeune auteur de 31 ans consacré aux travailleurs du nucléaire.

Le roman, paru aux Editions du Moteur, met en scène un jeune homme de 20 ans qui se voit proposer par Pôle emploi un CDD dans une centrale nucléaire.

Tout en comprenant un « vrai travail romanesque », le texte « donne à voir une réalité sociale assez méconnue: le travail dans une centrale nucléaire », a salué la coprésidente du jury, Joy Sorman, lors de la cérémonie de remise du prix.

Elle a souligné que ce texte avait été choisi parce qu’il répondait aux deux exigences du prix: un engagement social et une qualité littéraire, saluant le « souci de la précision » de son auteur.

« L’Afpa est légitime à susciter un prix sur le roman social », a estimé de son côté le directeur général du premier organisme de formation Philippe Caïla, ajoutant qu’ »il fallait inviter à dire l’interdit ».

Dans un texte lu en son nom à la cérémonie, la lauréate, Aude Walker, a salué en cette récompense « un magnifique écho à la volonté de casser ce réflexe très français, qui consiste à ne pas laisser le roman et la littérature se mêler de la société ».

Six autres ouvrages récents avaient été sélectionnés par un comité de lecture d’une centaine de professionnels de la formation et de stagiaires en formation à l’Afpa.

Parmi ces titres figuraient « Assommons les pauvres » de Shumona Sinha, dans lequel la narratrice est interprète auprès de demandeurs d’asile, « Les amandes amères » de Laurence Cossé, évoquant une amitié entre une femme de ménage analphabète et son employeur, ou encore « Zone de choc » de Pierre Conesa sur les méandres de l’administration.

Le jury était coprésidé par Claude Alphandéry, président d’honneur du Laboratoire de l’Economie Sociale et Solidaire, et Martin Hirsch, président de l’Agence du Service Civique.

Le prix fait l’objet d’une dotation de l’Afpa, dont le montant n’a pas été rendu public, à partager entre le lauréat et une association de son choix oeuvrant en faveur de l’insertion sociale et professionnelle. Aude Walker a choisi de soutenir le Centre de ressources contre l’illettrisme (CRI) de la région Paca.

La liste des romans sélectionnés, ainsi que certains coups de coeur des formateurs de l’Afpa peuvent être consultés sur le site prixduromansocial.com.

Un Homme Jetable sur le site du prix du Roman Social

« Un homme jetable » ou le mythe d’Icare

Un homme jetable est l’un des sept romans présélectionnés pour le premier prix du roman social qui sera décerné par l’AFPA le 20 juin.

A vingt ans, pour Jules, la liberté c’est de gagner de sa vie. Aussi, quand une conseillère de Pôle emploi lui propose un CDD dans une centrale nucléaire, tel Icare volant vers le soleil à s’y brûler les ailes, Jules, lui, n’aura de cesse de descendre au cœur du réacteur.

Rien ni personne ne pourra entamer cette fascination qui pousse le jeune homme à copuler avec l’atome. Surtout pas Fernand, l’ardent syndicaliste, qui lui parle et le protège comme un père.

Ce livre dépasse largement la dénonciation des conditions de travail et des risques de catastrophe planétaire. C’est une seconde histoire du feu que nous raconte ici Aude Walker. Ce feu qui attitre l’homme depuis la nuit des temps. D’abord pour le meilleur. Désormais pour le pire.

Entre reportage finement documenté et fable philosophique, la langue est aussi musicale que précise. Aussi humaine, vibrante de sincérité, que diabolique. Car ce feu éternel qui brûle au mépris des corps qui l’entretiennent, n’est-ce pas aussi celui de l’enfer ? La vénération du mal au nom d’un bien illusoire, qu’il s’appelle « emploi » ou « énergie » ?

Ce bref récit donne au grand débat de société sur le nucléaire la puissance d’ un électrochoc. Il irradie le lecteur d’une vérité intense, atroce, que l’on regarde pourtant tous les jours partir en fumée dans le ciel de nos métropoles ou de nos villages, comme un simple nuage.

Chantal Attané, Rédactrice en chef de Débat formation 

Un Pur Hasard sur lechoixdeslibraires.com

Merci à Nadège Badina de la librairie Birmann Majuscule de Thonon-les-Bains pour cette très jolie critique

« L’un est pianiste de jazz de renommée internationale, l’autre est mathématicien, pourtant ils ont côtoyé le même banc d’école entretenant une amitié inattendue… Vingt ans plus tard, ils se retrouvent par hasard à San Francisco. Alors que Benoît depuis toujours considéré comme le tombeur de ces dames, se voit soudainement rejeté par sa femme Anna, Yann, lui, autrefois considéré comme marginal profite de sa joyeuse quarantaine découvrant la vie partagée avec le nouvel Amour de sa vie, Mona. Ont-ils encore quelque chose à partager ? En 54 pages bien ficelées, Frédérique Deghelt parle admirablement de l’amour dans tous ses états : de la découverte à la passion en passant par les certitudes et les doutes, elle épingle les travers de tous les amoureux. En écrivain omniscient elle se glisse insidieusement dans la peau des hommes pour mieux révéler le côté revêche des femmes et la lâcheté des hommes ? Et pour complexifier le tout, elle affuble son héros désabusé d’un petit garçon à la langue bien pendue, pour souligner ce qu’il faudrait taire… Un pur hasard aurait pu être une romance à la couleur de la couverture, mais comme tous ses romans, c’est une belle petite perle qui ne cesse de vous remettre en question. Il fallait oser, Frédérique Deghelt l’a fait ! »