Ouverture janvier 2013
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Éric Gilberh est né en juillet 1978 à Périgueux. Après avoir grandi en Martinique, il revient en Métropole où il suit desétudes de Lettres
Modernes.
Ses nouvelles et poèmes paraissent dans des revues françaises (NRF, Brèves, Bordel…) et étrangères (New Letters, XYZ, Arabesques, …) Il remporte le Prix Jules Vallès en 2008.
Deux recueils de nouvelles (Les Perce-oreilles et Tordu) sont sortis aux éditions l’iroli, un roman (Comment devenir guerrier Massaï) aux éditions arhsens.
Aujourd’hui libraire, Éric Gilberh partage son temps entre l’écriture et la musique.
Gabriel a rencontré Chloé, il est tombé amoureux d’elle, elle est tombé enceinte, ils ont acheté un petit pavillon en province pour y construire leur nid et maintenant, ils sont prêts à accueillir leur enfant. Surtout Gabriel. Gabriel se sent ultra-prêt, il est devenu un homme mature et responsable, c’est ce qu’il se dit en écrivant sa chronique pour le lendemain quand, ploc-ploc, il se met à pleuvoir dans son bureau.
C’est une fissure dans la dalle de sa terrasse. Comment faire? Se lancer dans des travaux titanesques avant l’arrivée du bébé? Faire appel à des professionnels? Gabriel ne sait pas encore, mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’appellera pas son père. Il est devenu un homme mûr et responsable. Il s’apprête avoir un enfant. Il ne laissera plus son père mettre son grain de sel dans ses affaires. Et si c’était déjà chose faite?
Eric Gilberh a publié dans plusieurs revues (Bordel, Brèves…) Aujourd’hui il partage son temps entre l’écriture et la musique.
L’Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) a remis mercredi son premier prix du roman social à « Un homme jetable », un ouvrage d’une jeune auteur de 31 ans consacré aux travailleurs du nucléaire.
Le roman, paru aux Editions du Moteur, met en scène un jeune homme de 20 ans qui se voit proposer par Pôle emploi un CDD dans une centrale nucléaire.
Tout en comprenant un « vrai travail romanesque », le texte « donne à voir une réalité sociale assez méconnue: le travail dans une centrale nucléaire », a salué la coprésidente du jury, Joy Sorman, lors de la cérémonie de remise du prix.
Elle a souligné que ce texte avait été choisi parce qu’il répondait aux deux exigences du prix: un engagement social et une qualité littéraire, saluant le « souci de la précision » de son auteur.
« L’Afpa est légitime à susciter un prix sur le roman social », a estimé de son côté le directeur général du premier organisme de formation Philippe Caïla, ajoutant qu’ »il fallait inviter à dire l’interdit ».
Dans un texte lu en son nom à la cérémonie, la lauréate, Aude Walker, a salué en cette récompense « un magnifique écho à la volonté de casser ce réflexe très français, qui consiste à ne pas laisser le roman et la littérature se mêler de la société ».
Six autres ouvrages récents avaient été sélectionnés par un comité de lecture d’une centaine de professionnels de la formation et de stagiaires en formation à l’Afpa.
Parmi ces titres figuraient « Assommons les pauvres » de Shumona Sinha, dans lequel la narratrice est interprète auprès de demandeurs d’asile, « Les amandes amères » de Laurence Cossé, évoquant une amitié entre une femme de ménage analphabète et son employeur, ou encore « Zone de choc » de Pierre Conesa sur les méandres de l’administration.
Le jury était coprésidé par Claude Alphandéry, président d’honneur du Laboratoire de l’Economie Sociale et Solidaire, et Martin Hirsch, président de l’Agence du Service Civique.
Le prix fait l’objet d’une dotation de l’Afpa, dont le montant n’a pas été rendu public, à partager entre le lauréat et une association de son choix oeuvrant en faveur de l’insertion sociale et professionnelle. Aude Walker a choisi de soutenir le Centre de ressources contre l’illettrisme (CRI) de la région Paca.
La liste des romans sélectionnés, ainsi que certains coups de coeur des formateurs de l’Afpa peuvent être consultés sur le site prixduromansocial.com.
« Un homme jetable » ou le mythe d’Icare
Un homme jetable est l’un des sept romans présélectionnés pour le premier prix du roman social qui sera décerné par l’AFPA le 20 juin.
A vingt ans, pour Jules, la liberté c’est de gagner de sa vie. Aussi, quand une conseillère de Pôle emploi lui propose un CDD dans une centrale nucléaire, tel Icare volant vers le soleil à s’y brûler les ailes, Jules, lui, n’aura de cesse de descendre au cœur du réacteur.
Rien ni personne ne pourra entamer cette fascination qui pousse le jeune homme à copuler avec l’atome. Surtout pas Fernand, l’ardent syndicaliste, qui lui parle et le protège comme un père.
Ce livre dépasse largement la dénonciation des conditions de travail et des risques de catastrophe planétaire. C’est une seconde histoire du feu que nous raconte ici Aude Walker. Ce feu qui attitre l’homme depuis la nuit des temps. D’abord pour le meilleur. Désormais pour le pire.
Entre reportage finement documenté et fable philosophique, la langue est aussi musicale que précise. Aussi humaine, vibrante de sincérité, que diabolique. Car ce feu éternel qui brûle au mépris des corps qui l’entretiennent, n’est-ce pas aussi celui de l’enfer ? La vénération du mal au nom d’un bien illusoire, qu’il s’appelle « emploi » ou « énergie » ?
Ce bref récit donne au grand débat de société sur le nucléaire la puissance d’ un électrochoc. Il irradie le lecteur d’une vérité intense, atroce, que l’on regarde pourtant tous les jours partir en fumée dans le ciel de nos métropoles ou de nos villages, comme un simple nuage.
Chantal Attané, Rédactrice en chef de Débat formation