Auteur : Géraldine Renault – Drame psychologique
Née à Paris en 1974, Géraldine Renault entame un cursus de Théâtre au cours Florent qu’elle complète avec une formation sur l’image à L’INA. Elle travaille ensuite comme metteur en scène pour plusieurs spectacles et en parallèle, elle devient chroniqueuse de cinéma sur le « Talk Show » d’Artistik Rezo. C’est en 2010, alors qu’elle est chargée de développement aux Films du Kiosque et script doctor sur de nombreux scénarios, que s’affirme son désir d’écrire. Elle lance son blog « Faimdepellicule.blogspot.fr ». Son court-métrage, « Bocuse » produit par les Films du Worso, est diffusé sur 13ème Rue et sur Be TV puis est sélectionné dans une quinzaine de festivals. Elle écrit actuellement le scénario de son premier long-métrage. En Janvier 2013, elle lance « Faimdepellicule.com », un site web de cinéma.
Résumé
Dès qu’elle a vu son bébé, Géraldine a comprit ce que signifiait « l’instinct maternel ». A la clinique, elle ne veut plus le lâcher, elle est avec lui comme dans une bulle. Il va pourtant falloir qu’elle rende ce nourrisson car une infirmière s’est trompée de bracelet, et qu’elle récupère le sien. Un enfant qui ne sera jamais plus le premier…
Extrait
Elle n’en revient pas du naturel avec lequel cette petite bouche tiède mordille son téton. Sa tête ronde, brune, parfaite, ses traits d’une absolue finesse.Il est si beau. Chaque partie du corps de ce nourrisson, Marianne voudrait les envelopper de sa peau de mère, rester des heures immobiles, sanglée à lui.
Elle l’a prénommé Louis.
Quand il ferme les yeux, Marianne le pose délicatement dans le berceau. Il dort sur le dos, les poings en l’air, offrant son visage à caresser, mais à peine l’a-t-elle laissé qu’elle le reprend, le serre contre son sein. Odeur mêlée de lait caillé, d’assouplissant. Elle voudrait le réveiller, le voir gigoter encore. Et son cœur de mère se gonfle à chacune de ses inspirations.
Au loin résonnent des bruits de klaxons, des cris aigus d’enfants. Elle imagine tous ces êtres qui bondissent sur chaque trottoir, qui s’agitent, s’affolent, gesticulent : ils sont fous, se dit-elle. Ils ne savent pas qu’ici est né Louis, cet enfant si parfait.
Il couine un peu, elle lui donne son sein dur et bombé puis ils se rendorment. La chambre de la maternité se rétrécit, les enveloppe. Jamais elle n’aurait imaginé que cet amour l’aurait fait pleurer.